8.6.19 Oscillations#2

La Grande Ourse, 36’15 ★ Fanny Dujardin - pièce sonore

À Angers, le squat de la Grande Ourse, est menacé d’expulsion suite à la fin de la trêve hivernale. Il héberge à ce jour des étudiants ou travailleurs précaires, des mineurs isolées, des demandeurs d’asile. C’est à la fois un lieu de vie en communauté, où des personnes en détresse retrouvent un peu de solidarité, et un espace où s’organise la lutte politique pour le droit au logement et pour créer des modes de vie autonomes. Ce documentaire dresse le portrait du lieu et de ses habitants, dans une tentative de saisir les réalités multiples qui s’y côtoient, notamment le clivage entre l’engagement politique des jeunes militants, et le recours par défaut à un mode d’habitat précaire, parfois difficile à vivre pour d’autres.

Passer, 30’06 ★ Valeria Muledda - pièce sonore

La disparition de la Jungle de Calais a débuté il y a trois ans [...]. Certaines personnes que j’ai rencontrées dans la Jungle ont réussi à pas­ser et sont maintenant en Angleterre, d’autres ont fait demande d’asile en France, d’autres en Italie et dans d’autres pays, où maintenant elles vivent. Tous portent en eux les signes de leur voyage. Quand les gens, à mon accent, comprenaient que je venais d’Italie, tout le monde me souriait. Et je ressentais à travers leur regard toute la gentille et l’hospitalité qu’ils avaient rencontrées lors des débarquements à Lampedusa et dans le sud de l’Ita­lie. Ils se souvenaient des noms de toutes les personnes qu’ils avaient rencontrées, de celles qui les avaient accueillis. [...] Beaucoup de gens m’ont parlé de Riace, et de Mimmo Lucano [maire de Riace] [...]. Ils me disaient qu’ils aimaient les gens du sud, qu’il y a une culture de la so­lidarité. Ils me disaient que Riace c’est un bel endroit où vivre.
Dans la Jungle de Calais, j’ai rencontré des gens venant de pays lointains, ayant perdu beaucoup, ayant même tout perdu. Ça a été une rencontre où nous sommes tous devenus riches. Surtout nous. Qu’on les voyait arriver. Et j’ai rencontré l’autre Europe. Des centaines de personnes comme moi venues d’Italie, de France, d’Espagne, d’Angleterre et d’encore plus loin afin d’être présents, dans la Jungle, en chair et en os. Calais, la ville du monde, où nous avons appris encore que nous sommes nombreux, que nous ne sommes pas seuls, que nous sommes partout. La force d’une communauté planétaire qui marche partout, chaque jour, et qui ne s’arrête pas.

Autopoïèse, 41’09 ★ Anne Lepère - pièce sonore

« Elle est comment votre douleur là ? Sur une échelle de 1 à 10, elle est à combien ? ».
Derrière le rideau blanc d’une salle d’opération, se dresse un décor abstrait, celui d’un voyage qui prendrait sa source au cœur même d’une blessure. C’est ainsi que dans un état semi cons­cient, je reçois la visite du centaure Chiron. Il m’indique un passage, un tout petit espace, une synapse, d’où provient un chant bien étrange… Partant d’un événement vécu et des rencontres du réel, Autopoïèse propose une descente vers la fiction, la poésie et la mythologie.

La Tempête des géants, 4’51 ★ Anaïs Denaux & Gaëlle Morand - pièce sonore

Composition sonore sur fond insurrectionnel Gilets Jaunes.

 

Action directe, discours indirect, 60’ ★ Laurent Güdel - film sans image

Film sans image issu d’enregistrements d’interviews de vétérans anarcho-syndicalistes actifs à Genève dans l’entre-deux guerres. Laurent Güdel s’y est plongé et en a tiré une causerie acousmatique traversée de réflexions personnelles, de luttes collectives et de spéculations anarchistes. Les entretiens sonores utilisés ont été récoltés par l’auteure, psychologue et libertaire Christiane Wist en 1983, réalisés pour la rédaction du livre La Vie quotidienne et les luttes syndicales à Genève, 1920-1940 : des anciens du bâtiment racontent, publié aux éditions du Collège du Travail en 1984. Ils sont archivés au Centre International de Recherche sur l’Anarchisme (Cira), à Lausanne.

Brigitte(s), 40’ ★ Anne‑Line Drocourt, Béatrice Templé, Emerick Guezou - performance

Au printemps 2019, Béatrice Temple, Anne‑Line Drocourt et Emerick Guezou ont mis au jour Brigitte(s), premier chantier au­tour de l’œuvre de Brigitte Fontaine. Dans ce second chantier, Béatrice dira et incarnera des écrits divers, amoureux et libertaires (sans bréviaire) de la diva-punk, chanteuse et poète Brigitte Fontaine. En direct et en échos, Anne‑Line Drocourt peindra des paysages sonores qui dialogueront avec les voix des deux comédien‑e-s. Il s’agira de faire avec vous l’expérience d’un poème sonore et visuel qui convoquera Femme chat, Fée des ondes, Reine des Prohibés, autant de Brigitte(s) comme des absences prégnantes et capiteuses.

Télépathie, 45' ★ Paysage Imaginaire & Bombus - performance

Pour célébrer la sortie d’un split K7, Bombus et Paysage Imaginaire vous proposent la rencontre de leurs deux mondes. De l’improvisation à partir de motifs magnétiques, où la se­conde est infinie ; et sous son poids, le temps s’écroulera.

Télépathie from Utopie Sonore (Asu) on Vimeo.

Hors saison, 11’ ★ Sophie Berger - pièce sonore

Qu’est-ce que les lieux racontent quand on les écoute ? Un tour à l’Île-aux-Moines – Morbihan, France. Pas celle des touristes. Quelques pas sur l’île hors saison, avec les micros, pour écouter quelques rues désertes, comme un instantané.
J’ai toujours aimé pousser la grille des cimetières… ils en disent long sur l’histoire d’un lieu… des bouts d’histoires intimes qui forment l’histoire d’une île, d’un village, de ses habitants… La vie d’une île, hantée par la mer, et ce que les pierres nous en disent…
Réalisé pour Le Grain des Choses : lien d'écoute

Les Légendes de Vétheuil, 30’ ★ Anne Kawala - lecture performée

Les légendes de Vétheuil, c’est depuis une maison, une tour, un jardin, au sommet d’une colline, leurs légendes et celles de celles qui parfois les habitent, celles de celles guerrières, nomades, jouisseuses, entre autres, et d’autres.

Jambon-fleurs, 10’ ★ Anne-Line Drocourt - performance

Autour du quotidien et de l’absence.

De rue et d’amour, 35’ ★ Julien Baroghel - pièce sonore

Suite au décès de son compagnon Patrick sombre dans une dépression profonde. Pendant trois ans il reste mutique, enfermé, seul dans son appartement. Un jour, il décide de partir, prépare son sac et commence à errer dans les rues de la ville. Là, il rencontre de nouveaux amis, une certaine forme de liberté, reprend goût à la vie, tombe amoureux. Il me raconte son quotidien à la rue, sa passion pour l’opéra, comment en ayant tout abandonné il redécouvre son désir, sa sexualité. Et puis un jour, à demi-mots, me révèle la vraie raison de son départ.

Force, honneur et paillettes, 25’55 ★ Camille Hummel - pièce sonore

Documentaire sonore sur la féminité et le rapport au corps au sein d’une équipe de roller derby.
Réalisé dans le cadre d’un master au Créadoc (master d’écriture et de réalisation documentaire de création).

Meute, 20’18 ★ Camille Chloé Despax, Nora Boulanger Hirsch - pièce sonore

Un homme vit seul dans une petite maison à la campagne. Pendant sa balade quotidienne, il rencontre un chien. Ayant deux steaks dans son frigo, il lui en offre un et mange le second. Le lendemain, il n’y a pas un chien, mais deux. Heureusement, le supermarché est ouvert. Ils mangent chacun leur steak. Le jour d’après, il y en a trois. Et le suivant quatre. Et puis cinq. Et six. Aujourd’hui, trente. Il n’y a plus de steak au supermarché. Et les chiens ont faim.
Pièce en binaural (à écouter de préférence au casque).

version binaurale

version stéréo

chloedespax.com

Les Fées Spinoza, épisode zéro, 20’ ★ Marc Perrin - lecture performée

Les fées Spinoza sont les enfants mâles et femelles et tutti, camarades en apprentissages à l’école des amours réelles. Les fées Spinoza suivent les pas d’Ernesto, camarade enfant âgée de dix ans et quelques secondes, ou : dix ans et quelques siècles. En 2016, pendant le mouvement contre la loi Travaille ! Au Squat de Doulon, à Nantes, avec les enfants camarades soudanais qu’il y rencontre. Avec des groupes d’enfants déguisées parfois en adulte. À l’école des amours réelles. Aujourd’hui. Le récit commence en 1968. L’épisode zéro s’ouvre avec Ernesto Guevara, tué par balle, le 9 octobre 1967.
« Car le beau veut dire la fin possible de l’effroi. »

Numbers, 25’ ★ Vincent Loret - performance

À l’heure de la 5G, on pourrait croire que les agents de renseignement sont tous passés au numérique et communiquent en tripotant leur smartphone. Pourtant les stations radios chiffrées continue d’émettre sur les ondes courtes, telles celles qui égrenaient leur litanies numériques le long des autoroute vers Berlin Ouest avant la Chute du Mur. Certaines ont repris du service (notamment en Corée du Nord), d’autres émettent depuis des dizaines d’années comme la station UVB76 qui buzze impertur­bablement ou presque depuis Brejnev.

Lomat (Les Objets mobiles articulés tractés), 18’ ★ Laurent Huron, Delphine Le Goué - performance

Né à Utopie Sonore 2016, le duo continue ses expérimentations... Soit 1. texte-voix : un récit ou des récits, un rythme, des rythmes, des variations, des boucles, 2. musique : un récit ou des récits, un rythme, des rythmes, des variations, des boucles, 3. images : un récit, des récits, un rythme, des rythmes, des variations, des boucles. Chacun sur sa propre intensité. Quelquefois se croisent, se superposent, se télescopent, s’éloignent, s’ignorent, se retrouvent. Chacun est le démultiplicateur de l’autre. Ensemble ils ouvrent une durée et un espace où le spectateur s’engouffre, trace son propre parcours.

Se défendre, 30’ ★ Lise-Marie Barré & Laetitia Angot - performance

Appréhender l’engagement du corps dans la manifestation, la peur, la joie, le danger qu’encourent celles et ceux, qui, à un moment, font le choix d’être ici plutôt qu’ailleurs, d’être là pour défendre une autre idée de la vie, le choix de la violence physique “en tant que nécessité vitale, en tant que praxis de résistance”.

Minimal Ensemble, 45’ ★ Julien Francheteau - performance

Ciné-concert : entre drone, ambient, post-rock et expérience hypnotique la musique du minimal ensemble invite à une lente plongée au cœur de la matière sonore. L’univers se crée avec une règle du jeu simple : tous les sons sont élaborés et manipulés en direct à partir d’une guitare, d’objets et d’effets analogiques.

Paroles paysages, 30’56 ★ Anne-Laure Pigache & Isa Stragliati - pièce sonore

Juin 2018, Anne-Laure Pigache invite Isa Stragliati dans son émission Paroles paysages sur Radio Campus Grenoble : trente minutes d’improvisation live pour explorer le format très spécifique du direct radiophonique. Espace où le mot est son, le son devient mot. à l’interstice du langage, à la limite du signifiant, une plongée dans les phonèmes de la langue, une errance dans la corporéité de la parole. Isa est venue avec ses vinyles glanés depuis des années. Musique expérimentale, ambient, minimaliste, noise, field recording et autre poésie sonore. La voix d’Anne-Laure et les vinyles d’Isa s’écoutent et se répondent.

Le Son de nos bêtes, 30’ ★ Remy Carré - pièce sonore

En référence au film de Franju Le Sang des bêtes (1949). Pièce radiophonique réalisée avec des extraits de plusieurs pièces sur le thème des animaux : Les Taureaux, 1990 ; Le Train des invisibles, 1992 ; L’Épaisseur des paysages, 2018 ; Le Silence des arbres, 2019. Les sons de nos bêtes n’ont pas d’âge, ce sont des traces indélébiles, des métaphores dans une confusion de liturgies. Ici il n’y a pas de place au divertissement, ici il y avait des trains.

Bonjour Tristesse, 7’ ★ kaozen huguenin / kOzn - pièce sonore

Cut-up sur la voix de Sagan qui marque sa relation avec Billie Holyday

Dans la tête, 6’38 ★ Anaïs Denaux - pièce sonore

Les lacrymo, c'est dans la tête. Noël aussi.

Medea, Paolo Reboli, Pythia, The Digital Messiah ★ Vincent Eoppolo - pièces sonores